Shiny leather in the dark : rencontre avec maîtresse Salem, organisatrice des Fetish Project

Voici, lecteur, le compte-rendu de ma rencontre avec maîtresse Salem, l’organisatrice des Fetish Project, soirées cuir/latex/uniforme où je me suis toujours énormément amusée. Qui sait? Peut-être nous y rencontrerons-nous un jour?

Fetish Project, Robert Darklight, 1, Diogène

T’es qui ?
Maîtresse Salem. Je suis l’organisatrice des Fetish Project.

C’est quoi, les Fetish Project ?
Ça fait sept ans qu’on les organise — à la base, on était deux. On a voulu relancer le milieu qui était un peu mort en Belgique, surtout à Bruxelles. On a essayé de développer des soirées avec un côté artistique en organisant des expos, en faisant venir des artistes. Sur place il y a des gens qui viennent, qui font du shibari, ce genre de choses. Puis le public fait le show.

Il y a du cul ?
C’est pas le but de la soirée mais il y a des choses qui se passent, il y a un petit coin… La soirée, en fait, est divisée en plusieurs parties : le coin bar, le coin dancefloor, un petit coin plus calme et un côté donjon. En plus de toute l’entrée qui est destinée à l’expo.

Fetish Project, Robert Darklight, 11, Diogène


C’est quoi, le dresscode ?

Il y a un dresscode obligatoire. Cuir, latex, vinyle, uniforme et certains autres looks qui peuvent être acceptés quand ils sont vraiment originaux, donc quand les gens font un effort. C’est pas obligatoire qu’il y ait la matière mais il faut vraiment un look un peu développé.

Il y a combien de personnes qui viennent ?
On a commencé, la toute première soirée, il y avait cent trente personnes à peu près et maintenant, on est dans les alentours de trois cents personnes.

Tu le décrirais comment, le public ?
En majorité fetish. Il y a aussi des libertins qui viennent pour s’amuser et puis il y a une partie du public qui est pas forcément à la base fetish mais qui aime l’ambiance, qui aime le côté ouverture d’esprit des gens. Une nana peut venir habillée en tenue sexy sans se faire traiter de tous les noms ou sans avoir de problème. C’est vraiment un public très cool. Il n’y a jamais eu d’histoire en soirées, je crois que sur sept ans, j’ai dû virer deux personnes! [rires]

Quelle tranche d’âge ?
Ça va de dix-huit à… Je crois que le client le plus âgé, il doit avoir septante-sept ans, un truc comme ça. C’est une majorité quand même de trentenaires.

C’est international, non ?
Il y a pas mal de public étranger, oui. Dans les soirées fetish, de toutes façons, les gens bougent. Parce qu’il n’y en a pas tout le temps non plus donc quand ils trouvent un chouette endroit, ils font le chemin pour y aller.

Fetish Project, Robert Darklight, 6, Diogène

Et musicalement ?
C’est plutôt electro, goth, un peu de new wave, un peu rock.

Si tu devais définir la Fetish en trois mots, ce serait quoi ?
C’est compliqué, ça ! [silence] Ben je reprendrais vraiment ce que j’ai dit : c’est des soirées qui sont vraiment sur l’ouverture d’esprit, fun… Ça regroupe tellement de choses…

Comment est le milieu fetish à Bruxelles ?
Avant qu’on fasse les soirées, c’était plutôt des petites soirées privées. Maintenant, au fur et à mesure que ça se développe, il y a plein de nouvelles personnes qui rentrent dans le milieu. Des petits jeunes, des goths, par exemple, qui aiment le côté fetish et qui commencent à venir, à s’habiller fetish et qui commencent à y prendre plaisir. Après, t’as des vrais fétichistes qui s’habillent, même chez eux, qui prennent plaisir à s’habiller en latex, ce genre de choses…

Et il y a d’autres endroits, au niveau des soirées, en Belgique ?
Au niveau des soirées, non, il n’y a plus rien, en fait. Il y a eu quelques soirées qui ont vu le jour mais ils ont fait deux trois soirées et ça a jamais décollé. En Belgique, il n’y a plus rien, quoi.

Qu’est-ce qui te fait bander dans le milieu ?
C’est qu’on puisse regrouper des gens totalement différents, de tout âge, de tout milieu. Il y a une grosse ouverture d’esprit. Le public belge est en plus particulièrement sympathique [rires] et très sociable. C’est souvent ce que les étrangers trouvent de bien à la Fetish Project, le public, ce qu’il en fait, les gens qui discutent avec tout le monde. C’est pas comme certaines soirées à Paris, avec ce côté « je me la raconte ». Les gens comme ça qui arrivent aux Fetish Projects et qui voient l’ambiance, ou ils ne reviennent pas, ou ils s’adaptent.

Qu’est-ce qui te fait bader dans le milieu ?
Les gens qui se prennent trop au sérieux, qui se la racontent parce qu’ils ont créé quelque chose, des soirées ou quoi. Mais enfin, c’est quand même un public assez restreint. Ces gens-là, en général, ne viennent pas trop chez moi. Puis les gens qui essaient de  rentrer avec juste un string en latex ou en vinyle. Non, ça, ça passe pas !

Tu nous racontes une anecdote ?
On a le bébé Fetish Project ! C’est mignon ! [rires] C’est amusant de savoir qu’elle a été créée chez moi, quoi ! Dans la soirée ! On n’a plus vu le couple pendant quelques mois puis on les a vus revenir : « Pourquoi vous n’êtes plus venus ? — Mais en fait, j’étais enceinte ! »

Fetish Project, Robert Darklight, Maîtresse Salem, Diogène

15€  en prévente, 20€ sur place (un verre gratuit dans les deux cas)
Dresscode : Cuir, latex, vinyle, uniforme
Ric Art’s Boat — 44, quai des péniches, 1000, Bruxelles

Photos : l’inénarrable Robert Darklight.
Texte paru initialement dans Feever.